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Comptes dégradés, trou, déficit, .......

28 Juin 2017 , Rédigé par jean Publié dans #Discussions

Comptes publics « dégradés » (Le Point du 25/7/2017) selon le ministre Bruno Le Maire et Christophe Castaner, critiquant cette « mauvaise tradition » où « on laisse filer les comptes en période électorale », un trou de 9 milliards en 2017 évoqué par La Cour des comptes (Le Figaro.fr avec Reuters, le 27/06/2017), qu’en est-il exactement de ces comptes publics ?

 

Ce qui est certain, c’est que la situation interpelle l'actuel gouvernement, les médias et l'opinion, et sans doute l'Union européenne, ce qui n’est pas nouveau. Depuis bien longtemps en effet, depuis que des budgets sont officiellement établis, séparant les caisses personnelles des gouvernants et de l’Etat, ce qui fut fait par Philippe Auguste (1165-1223), les comptes de l’Etat connaissent davantage de bas que hauts. Et suscitent bien des commentaires et des critiques.

 

Prenons pour exemple, plus près de nous, ce qu’écrivait Paul Jean Garbouleau, Avocat près la Cour impériale de Paris, dans Des Finances et de l'équilibre des budgets, des finances de l'État, des départements et des communes, du déficit de leurs budgets et des moyens d'y remédier, publié en 1868.

 

«Le budget de l'État atteint aujourd'hui un chiffre très élevé. Il arrive presque à deux milliards. Il suit depuis quinze ans une progression croissante. S'arrêtera-t-il au chiffre auquel il s'élève en 1869 ? Non. Il poursuivra sa marche ascendante. Par la force même des choses, il doit continuer de s'accroître tant qu'on se trouvera en présence de la situation actuelle et des nécessités qu'elle entraîne. Mais ce n'est pas tout. Indépendamment du chiffre énorme auquel s'élève le budget, une seconde difficulté se présente: c'est que le budget n'est pas en équilibre, et ce n'est pas seulement en 1869, c'est depuis longues années que ce résultat fâcheux se produit, et cela malgré toutes les combinaisons financières auxquelles on a demandé des ressources extraordinaires ».

 

Quant aux pratiques dénoncées, pour autant qu'elles soient avérées, elles ne sont point, non plus, nouvelles, dit-on. Il suffit pour s'en convaincre de se reporter à cet extrait  de l'ouvrage (très pessimiste) Le chemin de la banqueroute d’Emmanuel Perraut, publié en 1885

 

"On peut s'attendre à tout, d'ailleurs, chez les nations qui laissent ainsi aller leurs finances à la dérive, car il faut, tôt ou tard, que les situations tendues aient leur dénouement. A-t-on oublié que la Révolution est née d'une question d'argent ? Que deviennent cependant les finances de la France depuis quelques années ? Emprunts sur emprunts, expédients sur expédients, défîcits sur déficits : voilà les errements suivis, et, pour couronner le tout, le mensonge impudent qui - à la veille des élections générales - nie effrontément les périls d'un aussi triste état de choses".

 

 

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