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Argent public : L'Etat et le marché

12 Juillet 2017 , Rédigé par jean Publié dans #Discussions

On ne saurait imputer à l'État tous les torts dans ces crises financières et ces déficits et exonérer les autres acteurs, le marché et les citoyens/consommateurs/contribuables de toute responsabilité. Ce serait trop facile et réducteur. S’agissant du marché, il faut bien se rendre à l’évidence. S'il comporte des vertus, il connaît aussi quelques vices, quelques dysfonctionnements et aberrations qui perturbent le système.

Il n’est pas en tout cas par opposition le gentil face au méchant état. Comme le note Jacques Généreux, dans Les vraies lois de l'économie, le marché, comme l'État, ne fait pas le bonheur des gens, pour la simple raison que la concurrence, pure et parfaite (transparence, automaticité, homogénéité des produits, parfaite mobilité des facteurs, libre accès au marché), cités dans cet ouvrage, fer de lance du marché, n'existe pas. En tout cas, pas convenablement au profit des consommateurs. Son fonctionnement n'est pas toujours un modèle du genre, et ses mécanismes toujours vertueux, en matière financière, par exemple.

La politique de la France ne se fait pas à la corbeille disait Charles de Gaulle (1890-1970). Et Édith Cresson, qu'elle n'avait rien à cirer de la Bourse. Les crises financières démontrent en tout cas qu'on ne peut pas toujours faire confiance au marché et aux intérêts personnels pour satisfaire l'intérêt général. Il suffit de lire deux ouvrages Crésus, Confessions d'un banquier anonyme et Cityboy, de Geraint Anderson, pour se convaincre des dérives de la libre entreprise et des dommages qu'elles parfois peuvent causer, mondialement.

Ou de revoir pour mieux comprendre le côté vices du fonctionnement des marchés, des entreprises, des entrepreneurs, des multinationales, des banques, quelques fictions, quelques bon vieux films comme "L'argent des autres" réalisé par Christian de Chalonge, sorti sur les écrans en 1978, avec dans les principaux rôles Jean-Louis Trintignant, Catherine Deneuve, Claude Brasseur, Michel Serrault et François Perrot... ou "Il était une fois dans l'Ouest" de Sergio Leone, réalisé en 1969, avec dans les principaux rôles Henry Fonda, Claudia Cardinale et Charles Bronson et un harmonica, sur une musique d'Ennio Morricone. Ou encore "Mille milliards de dollars" du réalisateur Henri Verneuil, sorti en 1982, avec notamment Patrick Dewaere, Caroline Cellier, Charles Denner, Jeanne Moreau, Michel Auclair et Mel Ferrer.

Dira-t-on en outre que le secteur privé est toujours plus efficient que le secteur public, que le service après-vente est toujours mieux assuré, que le marché satisfait en toute hypothèse les consommateurs ? Il suffit de recenser tous les tracas quotidiens qui nous empoisonnent l'existence et de suivre les émissions et les reportages radio, télévisuels, et les magazines qui leur sont consacrés ou qui s'en font régulièrement l'écho pour constater qu'il n'en est rien, que ces tracas proviennent aussi des entreprises, des commerçants, des produits, des pratiques commerciales, non durables. De certains d’entre eux et elles.

Les entreprises dépensières, qui vivent sur un grand train, quand les affaires sont rentables, les rentes de situation favorisées parfois par l'État, les gabegies et les positions acquises... existent pareillement dans le privé. De nombreux exemples qui font la une, ou non, de l'actualité en témoignent. Comme les affaires politico-financières qui montrent que les grandes entreprises et les grandes fortunes ne sont pas étrangères au fonctionnement de nos institutions et à certaines dérives. Ce que nous racontent entre autres auteurs Jean Garrigues dans Les scandales de la République, et Greg Pallast dans Démocratie-Business. Ainsi que les médias et sites internet, régulièrement.

Le marché imprime aussi sa marque de différentes façons, par les prix, par exemple. Comme les impôts, les prix des marchandises et des services captifs (alimentation, énergie...), notamment, sont tout autant des contraintes qui pèsent dans les mêmes conditions sur les consommateurs. Des prix qu'ils ne maîtrisent pas, ou si peu, qui sont également la résultante d'un mode de fonctionnement du marché, de ces entités, de leurs pratiques (ex : les ententes, les abus de position dominante, les tromperies sur la marchandise), de leurs dépenses, de leurs gabegies éventuelles, et qu'ils supportent, comme l'impôt, par consentement qui n'est pas forcément mutuel.

Un marché où l'on constate que les prix naturels, de subsistance, évoqués par Adam Smith et David Ricardo, tendent souvent à se maintenir au plus bas niveau, en dessous de ce seuil (de subsistance) si n'existait pas dans certains pays un salaire minimum, et que les profits "extraordinaires" et les rentes de situation sont plus fréquents qu'il n'y paraît, en l'absence d'une concurrence "pure et parfaite".

Les vices supposés des uns, les dépenses de l'État (investissement, salaires des fonctionnaires, aides sociales, subventions, niches fiscales...), profitent directement ou indirectement, aussi, ne l'oublions pas, d'une façon ou d'une autre, au secteur marchand et assimilé, qui s'en réjouit et qui souhaite donc qu'elles se perpétuent, qui en redemandent au besoin. Ces dépenses budgétaires circulent en fait de la poche et des comptes des uns et des autres, par un juste retour économique et de système des choses, sans y rester.

État et marché, dans certains cas, même combat, mêmes reproches, mêmes insatisfactions parfois. Sachant que le marché et les entreprises sont :

1) Subventionnés de différentes façons par l'État, par le contribuable qui règle deux fois sa mise, par l'impôt, ses contributions et par les prix ;

 2) Soutenus réglementairement par le biais des quotas, des obligations et restrictions des conditions d'installation qui ne favorisent pas le consommateur.

Finalement, l’État et le marché connaissent en dépit de leurs réussites quelques insuffisances. Ni l’un ni l’autre n’ont réussi à assurer une meilleure répartition des richesses, une stabilité, un équilibre et une visibilité de l’économie et de l’activité, ni éviter les crises de toute sorte : financières, bancaires, sanitaires, immobilières, sociales, politiques, etc., certains excès et inégalités criantes, le chômage, une gestion déséquilibrée des ressources naturelles et énergétiques, l’existence d’usines à gaz en matière réglementaire et organisationnelle, de positions dominantes, d’abus et de fraudes. Tous deux contribuent, quelquefois conjointement en étant associés plus souvent qu’on ne le croit dans des projets communs, à ces insuffisances en s’accusant souvent l’un et l’autre d’en être à l’origine.

En savoir plus sur http://archives.lesechos.fr/archives/cercle/2013/10/17/cercle_82393.htm#8z7cmKZke6lgPRW5.99

 

 

 

 

 

En savoir plus sur http://archives.lesechos.fr/archives/cercle/2013/10/17/cercle_82393.htm#8z7cmKZke6lgPRW5.99

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